CR-conférence-Mardi 22 mai 2018 Par Francoise Morechand

COMPTE RENDU DE LA CONFERENCE DE FRANCOISE MORECHAND

 

L’évolution du JAPON depuis les Jeux olympiques de 1964 jusqu’à aujourd’hui

 

Pour cette conférence, Françoise MORECHAND nous a fait part de son expérience personnelle pour nous présenter l’évolution du japon depuis plus de 50 ans.

Avant de commencer la conférence, Françoise MORECHAND souhaite nous expliquer le concept de l’omotenashi.

« OMOTENASHI signifie « hospitalité» sur lequel le Japon a basé l’accueil des étrangers pour les jeux olympiques de 1964 et qui servira également de base pour les jeux olympiques de 2020.

 

Cependant sur ce même thème, la différence est immense.

 

Pour les JO  1964, les japonais, battus en 1945 avec reddition sans conditions, sont sortis des décombres avec un courage et une abnégation admirables ancres dans un style de vie et de pensée plus que centenaire, nés du code des samurais :

 

Trois concepts

  •          KIYOKU : garder un cœur pur
  • TADASHIKU : mener une vie juste honnête
  • UTSUSHIKU : Cultiver la beauté chez l’humain

 

Ajoutées à ce code, la phrase que tout japonais apprenait dès l’enfance :

Zeitaku wa teki da ! »   « La somptuosité est l’ennemi ! »

Okane wa hazukashi!    « Vivre pour l’argent est une honte ».

 

C’est avec ces principes que les japonais ont reconstruit leur pays et accueilli les étrangers en 1964, fiers d’avoir reconquis une dignité dans la dignité. En 1964, l’omotenashi   était inné. On ne le mentionnait pas puisque c’était naturel comme l’air qu’on respire.

 

L’avenir du Japon est-il donc dans son passé ?

 

 

En 2018, l’ « omote nashi » est devenu  un outil de marketing.

 

Pourquoi ? Entre temps, la globalisation a saisi le monde. Les japonais ont connu la bulle, n’ont plus cru, à part quelques-uns, qu’au pouvoir de l’argent, ont pensé qu’on pouvait tout acheter, même le bonheur.

 

Puis, chute du mur de Berlin, perte des repères…

 

Les entreprises, les banques, Google, Twitter…prennent le pouvoir sur la société. Le peuple oublie la vraie nature de l’omote nashi.

Soudain, il y a 5 ans environ, les dirigeants, dont Dentsu, s’en sont souvenus comme d’une catch phrase parfaite pour refléter l’identité japonaise, et pour le tourisme, et pour le Jeux à venir.

 

 

 

Mais pour la plupart des jeunes générations, ce n’est plus qu’une posture.  On est obligé de rédiger pour elles des manuels d’omotenashi que ces jeunes comprennent souvent bien mal dans cette société devenue globale éprise du moi, moi, moi.

 

Ce retour à l’omote nashi, même à but mercantile, même à but publicitaire, est-il un espoir pour la société japonaise ? Aura-t-il   l’influence culturelle et sociétale essentielles à l’avenir de ce pays ?  Trop tôt pour en juger.

 

Pour l’instant, nous assistons à un retour plutôt qu’une permanence. »

 

Après cet aparté, Madame MORECHAND commence la conférence.

Tout d’abord, Madame MORECHAND nous rappelle qu’après la 2nde guerre mondiale, les japonais pouvaient difficilement sortir du japon, et que la priorité était donnée à la reconstruction du japon.

Lors de la réédition du japon en 1945, le général américain MAC ARTHUR a été nommé gouverneur militaire du japon.

La structure administrative impériale est préservée, quoique les forces d’occupation américaines soient les seules maîtresses à bord jusqu’à la tenue d’élections libres. D’ailleurs, Françoise MORECHAND nous indique que la démocratie a été difficilement comprise par les Japonais parce qu’elle leur a été imposée.

Mais, la situation du pays est catastrophique, avec des villes en ruine et de faibles récoltes laissant présager une famine imminente. De fait, les autorités d’occupation ont bien du mal à faire face aux problèmes qui lui sont liés : ceux de la misère sociale (les japonais appelés ATOYAKE (qui signifie après avoir brulés), vivent du marché noir pour se payer un peu de nourriture), du chômage, de la prostitution (Les femmes (même les épouses) se prostituaient pour pouvoir payer les études universitaires de leur frère)

Malgré des conditions de vie difficile, les japonais ont beaucoup œuvré pour la reconstruction du japon et ont également beaucoup dépensé sur leur territoire.

Françoise MORECHAND mentionne que trois hommes sont à l’origine de la fortune du Japon d’après-guerre.

Il s’agit des Messieurs MORITA (créateur de SONY, originaire de Nagoya, avec la création de la bande magnétique), HONDA SOICHIRO fondateur de HONDA et MATSUSHITA (originaire d’Osaka, industriel fondateur de PANASONIC).

Un autre facteur à prendre en compte dans la relève du japon est la guerre de Corée qui va rapporter énormément d’argent au japon par le fait que la base américaine soit installée sur les iles du Japon.

Par ailleurs, la présence des américains sur le territoire japonais va empêcher la Russie d’instaurer le communisme au japon.

Pour Madame Françoise MORECHAND, le symbole de ceux qui ont vécu cette période post-2nde guerre mondiale peut être représenté par l’écrivain Nosaka Akiyuki.

Son livre autobiographique intitulé « la tombe des lucioles », relatant fidèlement les conditions de vie des japonais pendant cette période.

 

 

Après la seconde guerre mondiale, suite à l’occupation du japon par les Etats unis (de 1945 à 1952) puis avec la signature du traité mutuel de sécurité Etats Unis – Japon signé en 1951 autorisant le maintien des troupes et des bases américaines au Japon, on constate que le japon s’est américanisé. On note que les shotengai (galerie marchandes) et grands magasins (MITSUKOSHI, ISETAN, MATSUMAYA) diffusent des chansons américaines. Des guirlandes lumineuses ornent les maisons et boutiques.

Lors du renouvellement du traité en 1960, une forte contestation occasionnant des manifestations parfois violentes au Japon apparait.

Le japon se transforme et se modernise avec notamment le mariage en avril 1959 du prince héritier Akihito avec une roturière Michiko Shoda qui décide d’élever ses enfants elle-même. Ce mariage crée un boom économique. En effet, le mariage étant diffusé à la télévision les japonais s’équipent en téléviseur. Ils achètent également des appareils d’électroménager pour imiter le style de vie du prince et de la princesse, devenus depuis 1989 empereur et princesse héritière consort du Japon.

De tous ces évènements, en 1964 lors de jeux olympiques, on note que les japonais vivent bien (travail assuré à vie, paternalisme).  A cette époque, les japonais sont dirigés par tanaka kakuei qui industrialise le japon (autoroutes, industrie)

L’économie japonaise subit deux chocs économiques successifs au début des années 1970 mais globalement la croissance va connaitre une évolution constante jusqu’à la fin des années 1980.

Le japon se transforme en profondeur avec la modernisation entrainant la disparition des beaux objets au profit du pratique.

Les premières années de l’accession au trône de l’empereur Akihito, sont assombries par plusieurs crises majeures. En 1990, éclate la bulle spéculative japonaise, à l’origine de la « décennie perdue », pendant laquelle la situation économique du pays se détériore .

Malheureusement, le temps donné pour la conférence n’a pas donné le temps à Madame Françoise MORECHAND de finir. Malgré tout les personnes présentes ont vivement apprécié l’intervention de Madame MORECHAND que nous remercions chaleureusement.

 

 

 

 

 

 

 

 

Conference Mardi 22 mai 2018 Par Françoise Moréchand

 

 

de 19h00 à 20h30

Lieu: Espace Images de l’Institut Français du Japon – Tokyo
15 Ichigaya-Funagawara-cho, Shinjuku-ku, Tokyo 162-8415

 

 

Françoise Moréchand, au Japon depuis 1957, décrira avec force anecdotes, comment ce pays, vaincu en 1945, a montré au monde sa formidable  renaissance  économique; à l’occasion des Jeux Olympiques de 1964.

Puis comment le Japon, sous les  railleries du monde, (« marchand  de transistors »,  « fourmis » vivant dans des « cages à  lapins »…) a gagné le respect, de décennies en décennies, à travers les évènements qui ont façonné sa société et son économie.

Comment cet archipel soumis aux tremblements de terre et aux tsunamis a réussi sa révolution technologique et su s’adapter à cette mondialisation au sein de laquelle vont se dérouler les Jeux Olympiques de 2020.

Françoise Moréchand

A travers son expérience de commentatrice T.V., essayiste, professeur de cultures comparées à l’Université Kyoritsu , conférencière, écrivain et productrice de produits de consommation, Françoise Moréchand nous parlera de l’évolution de la mentalité japonaise depuis les JO de 1964 jusqu’à aujourd’hui.

Françoise Moréchand, qui est à l’origine de la création de l’UFE Japon, n’est plus à présenter tant elle est connue et appréciée des Japonais qui la vénèrent comme une icône de l’Art de vivre à la française.
Diplômée des Langues Orientales, Françoise Moréchand découvre le Japon en 1957. Elle devient une star de la télévision japonaise, une spécialiste de la mode, un écrivain reconnu, et une enseignante universitaire. Elle est conseillère et maître de conférences au Musée d’Art Contemporain du XXIième siècle de Kanazawa. Elle contribue à la vie de la communauté française en tant que Conseillère du Commerce Extérieur. Elle a été élue à l’Assemblée des Français de l’Étranger pour l’Asie du Nord de 2000 à 2006.
Françoise Moréchand est chevalier de la Légion d’honneur et commandeur dans l’ordre National du Mérite.

 

Date : Mardi 22 mai 2018 de 19h00 à 20h30 (ouverture des portes à 18h30)
Lieu : Espace Images de l’Institut Français du Japon – Tokyo
15 Ichigaya-Funagawara-cho, Shinjuku-ku, Tokyo 162-8415
Téléphone: 03-2500-5206
Accès : http://www.institutfrancais.jp/tokyo/fr/about/contact/
Frais de participation à la conférence:

Google Map:

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• Membres UFE: gratuit
• Non-membres UFE: 1.500 yens pour participation aux frais d’organisation de la conférence.
Inscription :
Avant le mardi  22 mai 2018 via le lien suivant :

 

CR-conférence-Lundi 5 mars 2018 par le Professeur Fumitaka OGINO

Conférence du 5 mars 2018 : L’Europe et la France vues du Japon

Monsieur Fumitaka OGINO, professeur à l’université normale de TOKYO (Tokyo Gakugei Daigaku), diplômé de l’université Waseda et également docteur ès lettres de l’université Paris III, nous a présenté, de son point de vue, comment l’Europe et la France étaient perçues depuis le Japon.

 

Vous pouvez télécharger les ‘slides’ de cette conférence ici

Il a donc mis en parallèle, sur une période de trente ans jusqu’à aujourd’hui, un certain nombre de variables économiques, démographiques et politiques concernant le Japon, l’Europe et la France.
Sa comparaison s’est appuyée à la fois sur les données économiques des pays et sur les structures familiales (tant japonaises qu’européennes).
Les comportements électoraux ont été mis en corrélation avec les structures familiales identifiées par EMMANUEL TODD (Historien et anthropologue français travaillant principalement sur le thème des structures familiales, qu’il aborde de façon transdisciplinaire, et selon la démarche de l’anthropologie historique).

Selon Emmanuel TODD, il existe en Europe 4 types de structures familiales identifiables selon les deux axes croisés du mode de répartition de l’héritage d’une part, et de la cohabitation ou non des héritiers adultes avec leurs parents, de l’autre :

– la structure dite « communautaire » : autoritaire et égalitaire (présente notamment en Russie, Serbie, Albanie, Centre de l’Italie)

– la structure dite « souche » : autoritaire et inégalitaire (Allemagne, Scandinavie)

– la structure dite « Nucléaire égalitaire » : libérale et égalitaire (une partie de la France, de l’Espagne et du Portugal)

Et enfin la structure « Nucléaire absolue » : libérale et indifférente à l’égalité (Royaume-Uni, Pays-Bas).

Monsieur OGINO a démonté ainsi que les structures familiales avaient une influence sur la politique menée par les pays au travers des élections. Il constate une montée de l’abstention aux élections aussi bien au Japon qu’en France.
De son point de vue, et à la lumière des documents présentés, il en résulte depuis les années 1990 plus d’inégalités, plus de pauvreté et plus d’austérité aussi bien au Japon, qu’en Europe et en France. D’autre part les politiques d’austérité ont engendré un cercle vicieux produisant de la déflation et le creusement de la dette publique.

Le schéma économique des pays comparés est finalement le même, avec la différence que la France a perdu sa souveraineté démocratique avec la mise en place de l’euro.

 

 

Conference Mardi 10 avril 2018 Par Mme Muriel JOLIVET

Lieu: Espace Images de l’Institut Francais du Japon – Tokyo

15 Ichigaya-Funagawara-cho, Shinjuku-ku, Tokyo 162-8415

Date: Mardi 10 avril 2018 de 19h00 à 20h30 (ouverture des portes à 18h30)

 

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“Mots clefs qui servent à décrire la jeunesse japonaise “

Par Mme Muriel JOLIVET

 

C’est en suivant les étiquettes aussi nombreuses qu’amusantes données à la jeunesse japonaise après Mai 68 que j’ai écrit Japon, la crise des modèles (Picquier, 2010). On est passé ainsi de la génération dite perdue (rosu gene) et aux jeunes d’un nouveau type (shinjinrui) à la student apathy et/ou shirake sedai, pour aboutir aux trois nullités (san mu shugi).

Surtout connu pour ses travaux sur le complexe d’Ajase, le psychanalyste Okonogi Keigo s’est révélé un visionnaire en annonçant dès 1978 dans L’ère des jeunes en moratoire d’autres problèmes qui allaient se greffer sur les précédents, allant des parasites célibataires (ainsi nommés par le sociologue de la famille Yamada Masahiro) aux freeters en passant par les hikikomori, les NEETS, etc.

Après avoir présenté d’autres appellations qui se sont profilées entre temps, comme la génération dite de la glaciation de l’emploi (shûshoku hyôgaki), la « cram-free relaxed generation » (yutori sedai) ou la génération dite éclairée (satori sedai), nous observerons les changements intervenus en amont, à partir d’autres mots clefs tels que bipolarisation (kakusa) ou mobilité descendante (karyû), en faisant le point sur l’augmentation des travailleurs employés non permanents (hiseiki), et sur l’impact de toutes ces mutations sur la vie personnelle des jeunes.

Nous terminerons par un tour d’horizon des best-sellers que les jeunes s’arrachent, en montrant ce qu’ils révèlent sur leurs préoccupations actuelles.

 

Ufe-Japon Muriel JOLIVET

Après avoir étudié le chinois et le japonais à l’INALCO, Muriel Jolivet est professeur émérite de l’université Sophia où elle a enseigné 34 ans. Docteur en études orientales, elle continue à donner de nombreuses conférences en français et en japonais en comparant les deux sociétés (travail, place des femmes, des jeunes, derrière la baisse des mariages, des naissances et l’augmentation du célibat, etc.) mais aussi sur le pèlerinage des 88 temples sacrés du Shikoku.

Elle a été décorée Chevalier de l’Ordre National du Mérite le 29 juin 2004.

Parmi ses principales publications, citons :

L’université au service de l’économie japonaise, éditions Economica, 1983

Un pays en mal d’enfants -Crise de la maternité au Japon, La Découverte, 1993

Homo Japonicus, Picquier, 2000

– Etat des lieux de la famille française, Heibonsha, 2001 (en japonais)

– Fait-il bon vivre en France ? Les Français tels que les immigrés les perçoivent, Shueisha, 2003 (en japonais)

Tokyo Memories :1995-2005, Antipodes, 2007

Japon, la crise des modèles, Picquier, 2010

Tokyo Instantanés, Elytis, 2012

Confidences du Japon, Elytis, 2014

– sous presse : Chroniques d’un Japon ordinaire, Elytis, 2018

– Sur les pas des pèlerins des 88 temples sacrés du Shikoku : une méditation entre deux mondes : témoignage, revue Ebisu (Maison franco-japonaise), Automne-Hiver 2009, pp.101-137)

 

Date : Mardi 10 avril 2018 de 19h00 à 20h30 (ouverture des portes à 18h30)
Lieu: Espace Images de l’Institut Francais du Japon – Tokyo
15 Ichigaya-Funagawara-cho, Shinjuku-ku, Tokyo 162-8415
Téléphone : 03-2500-5206
Accès : http://www.institutfrancais.jp/tokyo/fr/about/contact/>Accès à l’Institut Français de Tokyo

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Frais de participation à la conférence :

Participation: gratuite pour les membres. 1500 yens pour les non membres.

Inscription : via le lien suivant :

 

Contact :

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CR-conférence-Mardi 30 janvier 2018 par par M. Jean-Marie BOUISSOU

C’est dans une salle comble que ce 30 Janvier, Monsieur Jean-Marie BOUISSOU, japonologue bien connu, directeur de recherche et représentant de Sciences Po au Japon, a ouvert la série des conférences de l’UFE JAPON 2018.
Le thème était : Les Japonais sont-ils heureux ?
C’est une question que les non-japonais peuvent souvent se poser, tant la conception du bonheur semble différente en Occident et au Japon, et parfois au sein d’un couple mixte.
Les dictionnaires français définissent le bonheur comme « un état durable de complète satisfaction ». Mais le mot japonais shiawase signifie « un moment où les circonstances font qu’il se passe quelque chose qui apporte du bonheur ».
M. BOUISSOU commence en analysant diverses mesures comparatives du bonheur entre les pays du monde… Sur environ 180 pays, le Japon est classé 10% supérieurs – un peu devant la France – dans celles qui ne prennent en compte que les éléments matériels de base nécessaires au bonheur (niveau de vie, santé, sécurité…). Mais dès qu’on ajoute des critères subjectifs (attentes envers les autres, sentiment que la vie est heureuse dans son pays) le Japon recule fortement. Quand on ajoute « Votre vie est-elle heureuse ? », il s’effondre à la 90ème place.
Les Japonais ont tout ce qu’il faut pour être heureux, mais disent qu’ils ne le sont pas. Ne seraient-ils pas « doués pour le bonheur » ?
On constate la même chose pour les Coréens, les Chinois et les Vietnamiens. Certains chercheurs l’expliquent par le faible taux de sérotonine (« l’hormone du bonheur ») commun aux Japonais et à ces trois populations. Mais M. BOUISSOU suggère d’étudier aussi leur culture commune: le confucianisme et le bouddhisme, auquel s’ajoute le shintoïsme pour les Japonais.
Pour le Shintoïsme, la seule chose qui compte est la vie, et le bonheur est dans tout ce qui la perpétue. On doit travailler dur, mais aussi boire et manger pour se récompenser et reprendre des forces, et se reproduire. Ces plaisirs fugaces ne sont pas seulement « plaisants » ; ils rendent heureux parce qu’ils contribuent à l’oeuvre de vie.
Pour le Bouddhisme il existe un état de bonheur stable (le nirvana), mais pour le connaître, il faut éteindre tous ses désirs et renoncer à tous les plaisirs. Toutefois, le plaisir peut rapprocher du nirvana si, en le prenant, on n’oublie jamais que qu’il ne durera pas – et qu’il faut donc chercher autre chose pour être vraiment heureux.
Shintoïsme et Bouddhisme se rejoignent dans le hanami. C’est un moment de bonheur shintoïste parce que la vie repart, et pour le Bouddhisme il rapproche du nirvana en rappelant que, comme les fleurs de cerisier, tout a une fin.
Pour Confucius, seule compte la vie sociale, où chacun a une place, doit l’accepter et se conduire comme il convient à sa condition. Le riche doit savoir être « heureux comme un riche » et le pauvre comme un pauvre. Sinon, le désordre règne et personne ne peut être heureux, faute de sécurité.
Le bonheur à la japonaise est donc un moment fugace par nature, et soumis à des contraintes sociales fortes. Il attache aussi une importance exceptionnelle à la nourriture (shintoïsme) et à la sécurité (confucianisme).
M. BOUISSOU offre des exemples de ce qu’il appelle « le bonheur de rien » dans les toutes petites fêtes de quartier en été (ennichi), « le bonheur bulle » d’une seule nuit dans un ryôkan coupé du monde, et le « bonheur de masse » sur le Mont Takao, un dimanche à la saison des érables…
Il donne pour exemple parfait de vie heureuse à la japonaise celle du très célèbre joueur de baseball
Ichirô Suzuki : respect des valeurs traditionnelle, vie privée sans le moindre éclat carrière
exceptionnellement longue, et aussi heureux de gagner deux millions de dollars aujourd’hui que 19
au sommet de sa carrière.
M. BOUISSOU finit en analysant le « bonheur de temps de crise » que se sont inventé les jeunes
Japonais, souvent présentés comme les moins heureux du monde. L’important pour eux est de ne
pas connaître de déception, en réduisant leurs attentes matérielles et sexuelles. Ce bonheur de faible
intensité est celui de « l’homme herbivore » (sôshoku danshi), que les jeunes femmes définissent
aussi comme « bonheur à taille humaine » (toshindai no shiawase).
Le public remercie chaleureusement M. BOUISSOU pour son intervention, qui a été très appréciée.
Il nous donne rendez-vous en octobre pour une autre conférence ; en espérant que l’ouvrage qu’il
vient de terminer (Les Leçons japonaises, chez Fayard) sera publié d’ici-là.
Nul doute que la salle sera à nouveau pleine.

Conference Lundi 5 mars 2018 Par le professeur Fumitaka OGINO

Lieu: Espace Images de l’Institut Francais du Japon – Tokyo

15 Ichigaya-Funagawara-cho, Shinjuku-ku, Tokyo 162-8415

Date: Lundi 5 mars 2018 de 19h00 à 20h30 (ouverture des portes à 18h30)

 

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“L’Europe et la France vues du Japon “

Par le Professeur Fumitaka OGINO

 

Ça fait quarante ans que je fréquente la France. Pendant ce temps-là, elle a changé profondément, le Japon aussi. Mais ce qui me frappe le plus, c’est que nos deux pays se sont rapprochés en devant affronter une situation de plus en plus similaire : plus d’inégalités, plus de précarité et plus d’austérité. Pourquoi nous sommes-nous retrouvés sur des chemins qui convergent ?

Le Japon s’accroche à la politique économique dite Abenomics dont l’objectif affiché il y a 5 ans, croissance et sortie de la déflation, ne s’est même pas encore esquissé.
Tandis que la France s’engage de plus en plus dans une voie supranationale et d’austérité dont le but annoncé : paix, croissance et prospérité, n’arrête pas de s’éloigner. Qu’avons-nous donc en commun ? Est-ce un choix rationnel, un destin inéluctable ?

Fumitaka OGINO est professeur à l’Université Normale de Tokyo (Tokyo Gakugei Daigaku). Il est diplômé de l’université Waseda, également docteur ès lettres de l’université Paris III. Il a été professeur invité à l’Université Normale de Pékin.

Il a publié entre autres :

en japonais :

Tasha naki Shiso (La pensée sans l’autre), Editions Fujiwara 1996.

Sekai no Tayosei (Traduction de La diversité du monde d’Emmanuel Todd), Ed. Fujiwara 2008.

“Les élections présidentielles en France et le système EU-Euro” in Zenrin No.484 (Kokusai Zenrin Kyokai 2017).

en français :

” Nature, rupture et modernité au Japon” in Quaderni No.27 (AZ Presse 1994).

” L’affaire Dreyfus et ses traces dans la société japonaise” in Intolérance et Indignation (Ed. Fischbacher 1998).

” Corps victimes et corps constitués dans la société japonaise” in L’utopie de la santé parfaite (PUF 2001).

” L’affaire Taigyaku face à l’affaire Dreyfus” in Alfred Dreyfus: l’homme, l’affaire, la réhabilitation (Ed. Bruno Leprince 2007).

 

 

Date : Lundi 5 mars  2018 de 19h00 à 20h30 (ouverture des portes à 18h30)
Lieu: Espace Images de l’Institut Francais du Japon – Tokyo
15 Ichigaya-Funagawara-cho, Shinjuku-ku, Tokyo 162-8415
Téléphone : 03-2500-5206
Accès : http://www.institutfrancais.jp/tokyo/fr/about/contact/>Accès à l’Institut Français de Tokyo
Frais de participation à la conférence :

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Participation: gratuite pour les membres. 1500 yens pour les non membres.

 

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Conference Mardi 30 janvier 2018 Par M. Jean-Marie BOUISSOU

Lieu: Espace Images de l’Institut Francais du Japon – Tokyo

15 Ichigaya-Funagawara-cho, Shinjuku-ku, Tokyo 162-8415

Date: Mardi 30 janvier 2018 de 19h00 à 20h30 (ouverture des portes à 18h30)

 

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Les Japonais ont beaucoup de choses pour être heureux. Ils sont pourtant très peu enclins à dire qu’ils le sont. Leur langue même n’a pas de mot pour désigner un état stable de bonheur.
Entre choses vues et statistiques, expériences vécues et sondages, et à la lumière du shintô, du confucianisme et du bouddhisme, nous verrons comment les Japonais ont une aptitude remarquable non pas à « être heureux », mais à « faire bonheur de tout » avec intensité.

Comment la crise que le Japon vit depuis trois décennies a fait apparaître de nouvelles déclinaisons du bonheur. Et nous nous demanderons si qui n’est pas japonais peut néanmoins être « heureux comme les Japonais » – ou « heureuse comme les Japonaises »

Jean-Marie BOUISSOU
Jean-Marie Bouissou est ancien élève de l’ENS et agrégé d’Histoire. Il a été professeur au Lycée français et dans diverses universités (Tôdai), pensionnaire à la Maison franco-japonaise, et directeur de l’Institut français du Kyûshû (1975-1990). A partir de 1990, il est directeur de recherche à Sciences Po, et depuis 2013, son représentant au Japon.
Il a publié Le Japon depuis 1945 (A. Colin, 1992, 1997), Japan. The Burden of success (Hurst, 2002), Quand les sumos apprennent à danser (Fayard, 2003), Manga. Histoire et univers de la bande dessinée japonaise (Ph. Picquier, 2010, 2012, 2014) et Géopolitique du Japon. (PUF, 2015)
Il a dirigé, entre autres, Le Japon contemporain (Fayard, 2007) et la collection L’Asie Immédiate (Ph. Picquier)
Il publiera en 2018 Les leçons japonaises (Fayard)

Date : Mardi 30 janvier 2018 de 19h00 à 20h30 (ouverture des portes à 18h30)
Lieu: Espace Images de l’Institut Francais du Japon – Tokyo
15 Ichigaya-Funagawara-cho, Shinjuku-ku, Tokyo 162-8415
Téléphone : 03-2500-5206
Accès : http://www.institutfrancais.jp/tokyo/fr/about/contact/>Accès à l’Institut Français de Tokyo
Frais de participation à la conférence :

Google Map:

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Participation: gratuite pour les membres. 1500 yens pour les non membres.

 

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Conference Vendredi 8 décembre 2017 Par M. Christian Bollard

A la découverte du Champagne !

 

Venez-vous faire conter par un spécialiste la belle et passionnante histoire du Champagne !
Par M. Christian Bollard, Consul Général de l’Ordre des Coteaux de Champagne
Avec la participation exceptionnelle de 3 maisons de Champagne :
Duval - Leroy, Taittinger, Vranken-Pommery.

 

Vendredi 8 décembre 2017 de 19h à 20h30

Atrium de l’Ambassade de France (entrée chancellerie/consulat) 

 

Frais de participation aux conférences :

Membres UFE : 500 yens 
Non-membres UFE : 2000 yens

Comme disait Napoléon Bonaparte ” Je ne peux vivre sans Champagne, en cas de victoire, je le mérite ; en cas de défaite, j’en ai besoin “.

Et pourtant saviez-vous que le Champagne était à ses débuts un vin de messe, non pétillant et de couleur rouge ? Alors comment le Champagne a gagné ses lettres de Noblesse à travers les siècles ? Quels ont été les avancées technologiques, les enjeux économiques et les personnages clés de son développement pour en faire cette boisson internationalement connue et reconnue?

Christian Bollard est Consul Général de l’Ordre des Coteaux de Champagne, une confrérie qui existait déjà au XVII -ème siècle et dont le rôle est la mise en valeur des vins de Champagne, de leurs spécificités, diversité, et modes de consommation…

Et pour rendre cette soirée encore plus riche et pétillante, les maisons Duval-Leroy, Taittinger et Vranken-Pommery seront également présentes pour témoigner chacune de leurs spécificités et vous faire déguster une de leurs cuvées.

Alors, à l’approche des fêtes de fin d’année où le Champagne est roi, venez parfaire votre culture et distraire vos papilles.

M. Christian Bollard est également Vice-Président de l’UFE-Japon et Directeur Général du prestigieux restaurant La Tour d’Argent à Tokyo depuis son ouverture il y a 33 ans. Depuis son arrivée au Japon, il a eu à cœur de faire découvrir ou redécouvrir les vins français et en particulier le Champagne.

Champagne Ufe-Japon

Date :            Vendredi 8 décembre 2017
Horaires :    Conférence – dégustation de 19h à 20h30 (ouverture des portes à 18h30)
Lieu :            Atrium de l’Ambassade de France (entrée chancellerie/consulat)
4-11-44 Minami-Azabu, Minato-ku, Tokyo 106-8514
Téléphone :     03-5798-6000
Accès :     http://www.ambafrance-jp.org/Plan-d-acces-a-l-Ambassade
Merci de vous munir d’une pièce d’identité pour les contrôles à l’entrée de l’Ambassade.

Frais de participation à la conférence :

Membres UFE : 500 yens 
Non-membres UFE : 2000 yens

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Conference Lundi 13 novembre 2017 par M.Thierry de GENNES,

Nouveautes-Fiscales-et-Sociales

pouvant concerner les français vivant au Japon

 

Vous pouvez télécharger les slides de la conférence au format PowerPoint en cliquant sur le lien ci-dessous:


Slides de la conférence du lundi 13 novembre 2017 par Par M.Thierry de GENNES

Ces dernières années se distinguent par un environnement politique global en pleine mutation: L’élection de Donald Trump aux Etats-Unis et ses différentes prises de position sur la scène internationale, la montée des extrêmes dans certains pays européens, le Brexit, la conquête du pouvoir en France par Emmanuel Macron et le mouvement En Marche, enfin le succès électoral récent de Shinzo Abe au Japon. Ces changements majeurs s’accompagnent de réformes profondes qui font bouger les équilibres économiques et sociaux qui semblaient installés, au moins pour certains, dans le marbre depuis un grand nombre d’années. En France, ils sont accompagnés de dispositions qui vont refondre les systèmes fiscaux et sociaux ou qui ont déjà commencé à les impacter.

 C’est dans ce cadre de changements structurels importants que nous vous proposons un tour d’horizon des principales dispositions fiscales et sociales françaises, et japonaises, pouvant avoir un impact sur votre situation au Japon.

 

Seront notamment abordés les points suivants :

–       La situation de la fiscalité personnelle en France ayant un impact sur les Français du Japon : Le point sur le contentieux CSG/CRDS, la réforme de l’ISF en cours, l’impact pour les français résidents au Japon de la mise en place de la retenue à la source, …

–       Quelques aspects de l’évolution de la fiscalité personnelle au Japon affectant les revenus et la gestion du patrimoine.

–       Questions/réponses.


La thématique fiscale et sociale française a été présentée par Vanessa CALDERONI et Philippe LEGEAIS, Avocats-Associés de Taj (membre de Deloitte Touche Tohmatsu en France), spécialistes en Mobilité Internationale.

L’angle japonais de la fiscalité a été  présenté (en anglais) par un spécialiste fiscal de Deloitte Tohmatsu Tax basé à Tokyo.

Cette conférence organisée par l’UFE-Japon, a été animée par Thierry de GENNES, Associé de Deloitte anciennement basé à Tokyo en tant que responsable du French Desk.

 

 

 

 

 

 

 

Conference Jeudi 2 novembre 2017 L’investissement mobilier locatif en France Par M. Jean-Francois Fougeret Consultant du groupe Reside Etudes

reside-etudes-invest Ufe-Japon

L’investissement mobilier locatif en France

Conférence gratuite et ouverte à tous

Par M. Jean-Francois Fougeret

Consultant du groupe Réside Etudes

Jeudi 2 novembre 2017 de 19h00 à 20h30 (ouverture des portes à 18h30)

Conférence gratuite

« Attention nouvel emplacement »

Lieu : Wesley Center

6-10-11-301 Minami Aoyama Minato-ku

Tokyo 107-0062, Japan

Tel: 03-6427-4696

Lien Wesley Center : http://wesley.or.jp

ufe-japon

 

 

Dans le cadre du partenariat de l’UFE-Monde et Réside Etudes, l’UFE-Japon vous invite à une réunion d’information sur l’investissement locatif en France

  1. Préparer son retour d’expatriation ou celui de ses enfants: un bon moyen de commencer à développer son patrimoine et de le diversifier.
  2. Profiter des taux historiquement bas: la période est donc propice pour emprunter
  3. L’immobilier vous permet de placer beaucoup en apportant peu: effet de levier très important (montant emprunté/apport personnel)
  4. Une fiscalité particulièrement intéressante grâce aux déductions sur loyer des amortissements, intérêts d’emprunt et charges.

 

Conférence gratuite et ouverte à tous

Jeudi 2 novembre 2017 de 19h00 à 20h30 (ouverture des portes à 18h30)

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« Attention nouvel emplacement »

Lieu : Wesley Center

6-10-11-301 Minami Aoyama Minato-ku

Tokyo 107-0062, Japan

Tel: 03-6427-4696

Lien Wesley Center : http://wesley.or.jp

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