CR-conférence-Mardi 22 mai 2018 Par Francoise Morechand

COMPTE RENDU DE LA CONFERENCE DE FRANCOISE MORECHAND

 

L’évolution du JAPON depuis les Jeux olympiques de 1964 jusqu’à aujourd’hui

 

Pour cette conférence, Françoise MORECHAND nous a fait part de son expérience personnelle pour nous présenter l’évolution du japon depuis plus de 50 ans.

Avant de commencer la conférence, Françoise MORECHAND souhaite nous expliquer le concept de l’omotenashi.

« OMOTENASHI signifie « hospitalité» sur lequel le Japon a basé l’accueil des étrangers pour les jeux olympiques de 1964 et qui servira également de base pour les jeux olympiques de 2020.

 

Cependant sur ce même thème, la différence est immense.

 

Pour les JO  1964, les japonais, battus en 1945 avec reddition sans conditions, sont sortis des décombres avec un courage et une abnégation admirables ancres dans un style de vie et de pensée plus que centenaire, nés du code des samurais :

 

Trois concepts

  •          KIYOKU : garder un cœur pur
  • TADASHIKU : mener une vie juste honnête
  • UTSUSHIKU : Cultiver la beauté chez l’humain

 

Ajoutées à ce code, la phrase que tout japonais apprenait dès l’enfance :

Zeitaku wa teki da ! »   « La somptuosité est l’ennemi ! »

Okane wa hazukashi!    « Vivre pour l’argent est une honte ».

 

C’est avec ces principes que les japonais ont reconstruit leur pays et accueilli les étrangers en 1964, fiers d’avoir reconquis une dignité dans la dignité. En 1964, l’omotenashi   était inné. On ne le mentionnait pas puisque c’était naturel comme l’air qu’on respire.

 

L’avenir du Japon est-il donc dans son passé ?

 

 

En 2018, l’ « omote nashi » est devenu  un outil de marketing.

 

Pourquoi ? Entre temps, la globalisation a saisi le monde. Les japonais ont connu la bulle, n’ont plus cru, à part quelques-uns, qu’au pouvoir de l’argent, ont pensé qu’on pouvait tout acheter, même le bonheur.

 

Puis, chute du mur de Berlin, perte des repères…

 

Les entreprises, les banques, Google, Twitter…prennent le pouvoir sur la société. Le peuple oublie la vraie nature de l’omote nashi.

Soudain, il y a 5 ans environ, les dirigeants, dont Dentsu, s’en sont souvenus comme d’une catch phrase parfaite pour refléter l’identité japonaise, et pour le tourisme, et pour le Jeux à venir.

 

 

 

Mais pour la plupart des jeunes générations, ce n’est plus qu’une posture.  On est obligé de rédiger pour elles des manuels d’omotenashi que ces jeunes comprennent souvent bien mal dans cette société devenue globale éprise du moi, moi, moi.

 

Ce retour à l’omote nashi, même à but mercantile, même à but publicitaire, est-il un espoir pour la société japonaise ? Aura-t-il   l’influence culturelle et sociétale essentielles à l’avenir de ce pays ?  Trop tôt pour en juger.

 

Pour l’instant, nous assistons à un retour plutôt qu’une permanence. »

 

Après cet aparté, Madame MORECHAND commence la conférence.

Tout d’abord, Madame MORECHAND nous rappelle qu’après la 2nde guerre mondiale, les japonais pouvaient difficilement sortir du japon, et que la priorité était donnée à la reconstruction du japon.

Lors de la réédition du japon en 1945, le général américain MAC ARTHUR a été nommé gouverneur militaire du japon.

La structure administrative impériale est préservée, quoique les forces d’occupation américaines soient les seules maîtresses à bord jusqu’à la tenue d’élections libres. D’ailleurs, Françoise MORECHAND nous indique que la démocratie a été difficilement comprise par les Japonais parce qu’elle leur a été imposée.

Mais, la situation du pays est catastrophique, avec des villes en ruine et de faibles récoltes laissant présager une famine imminente. De fait, les autorités d’occupation ont bien du mal à faire face aux problèmes qui lui sont liés : ceux de la misère sociale (les japonais appelés ATOYAKE (qui signifie après avoir brulés), vivent du marché noir pour se payer un peu de nourriture), du chômage, de la prostitution (Les femmes (même les épouses) se prostituaient pour pouvoir payer les études universitaires de leur frère)

Malgré des conditions de vie difficile, les japonais ont beaucoup œuvré pour la reconstruction du japon et ont également beaucoup dépensé sur leur territoire.

Françoise MORECHAND mentionne que trois hommes sont à l’origine de la fortune du Japon d’après-guerre.

Il s’agit des Messieurs MORITA (créateur de SONY, originaire de Nagoya, avec la création de la bande magnétique), HONDA SOICHIRO fondateur de HONDA et MATSUSHITA (originaire d’Osaka, industriel fondateur de PANASONIC).

Un autre facteur à prendre en compte dans la relève du japon est la guerre de Corée qui va rapporter énormément d’argent au japon par le fait que la base américaine soit installée sur les iles du Japon.

Par ailleurs, la présence des américains sur le territoire japonais va empêcher la Russie d’instaurer le communisme au japon.

Pour Madame Françoise MORECHAND, le symbole de ceux qui ont vécu cette période post-2nde guerre mondiale peut être représenté par l’écrivain Nosaka Akiyuki.

Son livre autobiographique intitulé « la tombe des lucioles », relatant fidèlement les conditions de vie des japonais pendant cette période.

 

 

Après la seconde guerre mondiale, suite à l’occupation du japon par les Etats unis (de 1945 à 1952) puis avec la signature du traité mutuel de sécurité Etats Unis – Japon signé en 1951 autorisant le maintien des troupes et des bases américaines au Japon, on constate que le japon s’est américanisé. On note que les shotengai (galerie marchandes) et grands magasins (MITSUKOSHI, ISETAN, MATSUMAYA) diffusent des chansons américaines. Des guirlandes lumineuses ornent les maisons et boutiques.

Lors du renouvellement du traité en 1960, une forte contestation occasionnant des manifestations parfois violentes au Japon apparait.

Le japon se transforme et se modernise avec notamment le mariage en avril 1959 du prince héritier Akihito avec une roturière Michiko Shoda qui décide d’élever ses enfants elle-même. Ce mariage crée un boom économique. En effet, le mariage étant diffusé à la télévision les japonais s’équipent en téléviseur. Ils achètent également des appareils d’électroménager pour imiter le style de vie du prince et de la princesse, devenus depuis 1989 empereur et princesse héritière consort du Japon.

De tous ces évènements, en 1964 lors de jeux olympiques, on note que les japonais vivent bien (travail assuré à vie, paternalisme).  A cette époque, les japonais sont dirigés par tanaka kakuei qui industrialise le japon (autoroutes, industrie)

L’économie japonaise subit deux chocs économiques successifs au début des années 1970 mais globalement la croissance va connaitre une évolution constante jusqu’à la fin des années 1980.

Le japon se transforme en profondeur avec la modernisation entrainant la disparition des beaux objets au profit du pratique.

Les premières années de l’accession au trône de l’empereur Akihito, sont assombries par plusieurs crises majeures. En 1990, éclate la bulle spéculative japonaise, à l’origine de la « décennie perdue », pendant laquelle la situation économique du pays se détériore .

Malheureusement, le temps donné pour la conférence n’a pas donné le temps à Madame Françoise MORECHAND de finir. Malgré tout les personnes présentes ont vivement apprécié l’intervention de Madame MORECHAND que nous remercions chaleureusement.

 

 

 

 

 

 

 

 

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